guitar licks

Guitar licks – à la manière de Robben Ford

le 10 janvier 2011 Par Alexis

Robben Ford Tout d’abord, je tenais à vous souhaiter une excellente année 2011, remplie de bonheur et de musique aussi bien sûr. J’imagine que si vous êtes en train de lire ces lignes c’est que votre estomac a survécu à l’avalanche de foie gras et que vos mains s’en sont sorties sans trop de dommages après ouverture des huitres. Ouf ! Les périodes de fêtes peuvent être dangereuses pour les doigts des guitaristes…

Commençons donc cette nouvelle année par une petite étude de plan d’un musicien que je vénère, j’ai nommé monsieur Robben Ford. S’il y a bien un mot (ou plutôt deux) qui caractérise Ford c’est le bon goût, en terme de choix des notes et non de style vestimentaire bien entendu ! On dit parfois que son jeu est la fusion parfaite entre l’intensité du blues et la richesse harmonique du jazz. Au carrefour de ces 2 styles, il évolue en tant que chanteur et guitariste avec son groupe The Blue Line dans un registre hybride dont le répertoire est composé pour une bonne partie de reprises. On a pu également l’entendre dans un contexte plus instrumental au sein du groupe Jing Chi aux côtés de Jimmy Haslip et de l’extraordinaire batteur Vinnie Colaiuta, le power trio jazz-rock ultime !

C’est souvent Robben Ford que l’on cite comme référence quand on parle de plans blues teintés d’un soupçon de jazz. Jazz up your blues licks comme diraient nos amis anglophones. Je vous propose de découvrir avec cet article un concept utilisé par Robben Ford pour amener une couleur plus jazzy aux gammes pentatoniques.

L’idée est assez simple : prendre les 5 notes d’une pentatonique mineure (ou majeure, c’est vous qui voyez) et en changer une dans le but de bouleverser légèrement la sonorité à laquelle l’oreille est habituée. Dans le cas d’une pentatonique mineure (1-3m-4-5-7m), il est préférable de garder au moins la tierce mineure et la quinte, histoire de rester assez proche du « cadre de référence sonore » de cette gamme. Il nous reste donc la quarte ou la septième mineure. Robben Ford déplace souvent cette septième vers une sixte (un demi ton plus bas donc). Cela a pour effet de créer un intervalle d’un ton et demi entre la dernière note de la gamme et le retour à la fondamentale, au lieu du ton habituel que l’on aurait avec la septième.

Concrètement, voici à gauche la première position de la gamme mineure pentatonique de Sol. A droite, la même position avec cette fameuse sixte qui remplace la septième d’origine. La gamme ne change pas vraiment de nom, c’est toujours une pentatonique (5 notes) mineure de Sol, mais la sonorité est résolument plus « brillante », plus enjouée, peut être moins évidente à l’oreille quand elle est jouée sur un accord mineur (dans notre cas un accord de Sol mineur).

Robben Ford : scales

les fondamentales sont en rouge sur les diagrammes

Cette petite opération peut bien sûr être effectuée sur chaque position de la gamme (un article est d’ailleurs consacré aux pentatoniques et à leurs positions).

Cette sixte majeure, substituée à la septième, va donc donner une couleur particulière à nos plans pentatoniques, peut être pas complètement jazzy mais en tout cas (passez moi l’expression) très « Robben Fordesque » . Cette pentatonique «customisée » découle en fait du mode dorien qui possède aussi cette combinaison particulière tierce mineure / sixte majeure. Néanmoins, l’idée n’est pas de raisonner dans cet article en terme de mode mais plutôt de « gamme modifiée ». Pour les lecteurs intéressés par la découverte des modes, un petit article d’introduction est à votre disposition.

Voici donc un premier plan dans l’esprit de Robben Ford qui reprend l’approche décrite plus haut. Au passage, cet exemple ainsi que les suivants sont tous joués sur la même suite d’accord : Gm – Dm7.

Robben Ford : lick 1

Ecouter ce plan :
Exercice 1

On retrouve également à la mesure 2 (sur le La#) une technique fréquemment employée par ce guitariste : les glissés vers le bas (slide down). En fait, on prépare un doigt de la main gauche quelques cases plus haut sur le manche par rapport à la note cible et au moment de la jouer on effectue un glissé très rapide pour l’atteindre. Un effet de jeu musical et à mon humble avis pas si répandu.

Notre deuxième exemple reprend les mêmes éléments que le précédent et ajoute à la gamme ce qu’on appelle la blue note, c’est-à-dire la note typique de la gamme blues. Dans une pentatonique mineure, cette note blues est située 3 tons au dessus de la fondamentale. Cela correspond à un intervalle de quinte diminuée également appelé triton satanique… le blues et le diable seraient-ils liés ? C’est en fait une note de transition qui fait généralement office de lien chromatique entre la quarte et la quinte de la gamme. Ici en Sol, la note blues sera donc un Do#.

Robben Ford : lick 2

Ecouter ce plan :
Exercice 2

Evidement, le but n’est pas de rester exclusivement sur une gamme mais de varier les plaisirs pendant une improvisation, histoire de ne pas lasser son auditoire ou pire, se lasser soi-même ! On peut donc parfaitement imaginer une impro qui mélangerait pentatonique à la fois mineure, mineure avec sixte majeure et majeure, le tout agrémenté de notes blues. Effet Robben Ford garanti !

Pour finir, voici un plan qui utilise ces notes étrangères à la pentatonique traditionnelle que l’on a vu jusqu’à présent pour construire ce qu’on appelle un arpège diminué. On entend généralement par arpège diminué une suite de notes qui comprend une fondamentale (qui donne son nom à l’arpège), une tierce mineure, une quinte diminuée (notre blue note) et une septième diminuée (en réalité notre fameuse sixte des deux exemples précédents). Aucune raison donc de ne pas l’utiliser !

Robben Ford : lick 3

Ecouter ce plan :
Exercice 3

Les possibilités sont vastes comme vous pouvez l’imaginer. Pour laisser libre cours à votre inspiration et éventuellement mettre en application ces quelques notions, je vous ai mis à disposition un mini jamtrack d’une minute qui reprend les accords des différents exemples. C’est à votre tour de vous lâcher !

Ecouter le backing track :
Backing track – Robben Ford

Voilà un peu de travail pour attaquer la nouvelle année. J’espère vous avoir un minimum intéressé. Je vous rappelle par ailleurs que vous pouvez télécharger toutes les tablatures, les backing tracks et les exercices de style publiés sur Guitar School Garden depuis le début du site en 2009 (archive zip – 250 mo environ). Elle est pas belle la vie ?

Have fun !

5 commentaires

  • stephane dit :

    salut !!!!

    bonne année à toi aussi ! et surtout merci pour ce sujet sur Robben Ford que j’adore au plus haut point également ! quel style !!! tout en nuance delicatesse et a la fois puissant … oui je suis fan aussi !

    @ +

  • agatzebluz dit :

    argh, un de mes héros pour commencer 2011, ça démarre fort.
    Je trouve que tes tabs sont plus claires, et c’est bien les ronds de couleur. Et ton intervention avant chaque extrait de ta petite voix flutée, ça le fait aussi.

  • Alexis dit :

    Flutée ? Tu voulait dire « fluette » non ? 😉 Je sais pas comment je dois le prendre ! Bon c’est sur on aimerait tous avoir la voix de Pierre Journel mais dans mon cas la nature n’a pas joué le jeu… arf !

  • agatzebluz dit :

    je rigole !!! Elle n’est pas si mal ta voix, faut pas exagérer non plus. Et en plus, Pierre a quelques années de plus, il est plus … mûr, toi tu viens à peine de muer 😉
    Et il a peut être aussi plus d’expérience devant un micro. Il a quelques podcast d’avance notre canadien parisien.

  • Philippe dit :

    salut,
    des plans intéressants, encore… je remarque également que les rythmiques sont très bien, vraiment ds l’esprit. Il manque ton impro à toi à la fin!

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