techniques

S’initier au fingerpicking avec Marcel Dadi

le 15 décembre 2010 Par Alexis

Marcel Dadi Je l’ai déjà écrit ici mais je le redis, je pense que la polyvalence est une grande qualité chez un musicien. Tentons donc le grand écart avec une initiation au fingerpicking qui je pense contrastera avec l’article précédent dédié au métal !

Malgré ma petite quinzaine d’année de pratique musicale amateur, je reste un grand débutant en fingerpicking. Alors c’est vrai j’avais déjà abordé le jeu doigts-médiator (hybrid picking) sur le blog, mais là c’est une autre dimension. Je me suis donc plongé dans la méthode de guitare à Dadi pour m’initier à cette technique, pas facile à appréhender pour un metalhead comme moi !

Je me suis dit que le regretté Marcel Dadi, c’est un peu le pape du picking, alors pour s’initier il y a pire ! J’ai donc trouvé dans cette méthode un morceau « simple » (tout est relatif hein 🙂 ) dont le principe est de commencer extrêmement lentement puis d’accélérer progressivement. Exactement ce que l’on fait avec une phrase difficile qui a du mal à « rentrer ». Idéal comme introduction à cette technique non ?

Ce morceau s’appelle le derviche tourneur, en référence aux religieux musulmans qui recueillaient la parole divine en tournant sur eux-mêmes de plus en plus vite jusqu’à se mettre dans un état de transe mystique leur permettant de communiquer avec Dieu.

Voici une petite vidéo du morceau enregistrée par mes soins. A noter que l’original de Dadi commence bien plus lentement et finit bien plus vite !

Marcel Dadi – Le derviche tourneur

Ci dessous, la tablature avec les différentes positions d’accords. Le morceau est structuré de manière très simple : 2 groupes de 8 mesures que l’on répète indéfiniment en accélérant un peu plus vite à chaque fois.

tablature du Derviche Tourneur par Marcel Dadi

Ce morceau est aussi l’occasion de découvrir un principe fondamental du fingerpicking : les basses alternées. Cette expression désigne en fait une manière de jouer la ligne de basse du morceau en alternant les notes entre les différentes cordes « basses » de la guitare (ici celles de Mi, La et Ré). Cette basse est presque systématiquement jouée avec le pouce qui va donc effectuer des aller-retour constants entre ces cordes, d’où le nom de basses alternées.

Sur la tablature, j’ai ajouté un p minuscule sur la gauche de la portée afin de bien mettre en évidence le fait que le pouce prend en charge les trois premières cordes (les basses) et les autres doigts de la main droite la mélodie sur les 3 plus petites cordes.

Petite particularité à la mesure 2, la basse de l’accord de Fa est jouée avec le pouce de la main gauche (pour les droitiers bien sûr) ce qui oblige à bien coller la paume de sa main sur le dos du manche. Cette astuce de la basse au pouce est souvent utilisée par les « fingerpicker » pour remplacer les traditionnels barrés majeurs ou mineurs et ainsi garder les autres doigts disponibles pour la mélodie.

Enfin, pour vraiment sonner comme l’original de Marcel Dadi , munissez-vous d’un capodastre et placez le à la 4ème case. Le capodastre permettra par ailleurs de réduire l’action des cordes par rapport au manche et par conséquent faciliter les transitions entre les accords ou l’exécution de certains pull-offs.
Dadi utilise également un onglet de pouce sur beaucoup de morceaux, notamment celui-ci. N’étant pas du tout familier avec cet accessoire, je vous laisse seuls juges de son utilité.

J’espère que cette rapide introduction au fingerpicking vous aura plu. Si vous avez envie d’approfondir cette technique, je vous recommande chaudement le site guitare de David Van Lochem, fingerpicker belge passionné, où vous trouverez conseils et tablatures pour ce style.

Have fun !

10 commentaires

  • agatzebluz dit :

    Je ne suis pas sûr que le derviche tourneur soit le morceau de picking le plus simple pour débuter … Mais il est très sympa. Et la méthode à Dadi, c’est un grand classique.
    Et sinon, ce ne serait pas une jolie Taylor ???

  • Alexis dit :

    En tout cas il est au début de la méthode donc je dirais que ça ne doit pas être le plus dur ! Et oui c’est une belle Taylor que je joue là, mais le son de l’appareil photo avec lequel je filme ne lui rend pas justice.

  • Article très sympa j ai toujours aimé cette technique mais en fait je connais 3 morceaux en picking dont mon préféré est une version de  » Mister Sandman » par chet atkins. Avis aux amateurs c était sur une vidéo pédago d un certain Buster B Jones. Sinon l autre est un morceau sur le premier album de Ron Thal et qui est jouable….Ce qui n’est pas le cas des 3/4 de l album injouable pour le commun des mortels :-D. Sinon Au clair de la lune est cool pour se familiariser avec le bousin. Sympa ta taylor Alexis 😉

  • le chat dit :

    hum c’est un super bon exso ! moi je le fait au médiators pour amélioré mon chiken piking mais c’est pas encore la même chose que sur la vidéo pour le moment ^_^

    merci pour cette exso de dadi l’ami ^_^

  • sebastien dit :

    Belle description du morceau, moi aussi je suis sur la méthode de dadi et j’avoue que les deus premier morceau sont sympa a jouer « blue montain train » et  » derviche tourneure » ya de quoi bosser !

  • Davanlo dit :

    Merci pour le lien que je viens seulement de découvrir via les stats :)))

  • Geekariste dit :

    C’est mon morceau préféré de Dadi, je peux l’écouter en boucle pendant 20 minutes.
    A propos de l’onglet de pouce : d’après ce que j’ai compris dans sa méthode, il s’en sert pour pouvoir étouffer les cordes basses (comme du palm mute) mais en gardant un volume sonore suffisant. Surpris que Mr. Davanlo n’intervienne pas à ce sujet 🙂

  • Moustache dit :

    Oyez oh yeah

    découvrez la page MySpace La guitare à Dadi ( http://www.myspace.com/dadimarcel ) avec moult vidéos de Marcel, ses amis, ses influences

    … Dadi dans nos coeurs

    Marcel forever…

  • Cloupet dit :

    Bonjour,

    je découvre par hasard ce site « pédagogie guitare » et je le trouve extrêmement bien fait, bravo à vous.

    Pour en revenir plus précisément au « Derviche Tourneur », et plus généralement à l’œuvre de Marcel Dadi, celui-là fait peut être partie des plus « faciles », mais cela dépend vraiment de la vitesse à laquelle on le joue.
    Marcel Dadi lui-même expliquait en concert que ce morceau n’était au départ qu’un exercice pour apprendre à enchaîner les accords principaux en do majeur tout en pratiquant la basse alternée. Sa « blague favorite » étant : je donnais à mes élèves un morceau « en do majeur » et ils le transformaient en morceau « endommagé ».

    Personnellement, la « guitare à Dadi » a été pendant longtemps ma seule vraie « école de guitare »avant que je n’ai la possibilité d’aller prendre des cours en école de musique. Le derviche tourneur était sur le premier album et la maîtrise des douze morceaux de cet album m’avait demandé . . . trois ans. Heureusement, je jouais d’autres choses à côté.
    Mais quand je me suis pointé en audition pour suivre un cursus de guitare classique, les places étaient vraiment peu nombreuses car j’étais presque adulte et que c’était une ENM, j’ai été pris, mais surtout, la première question du prof lors du premier cours à été :
    Avec les autres membres du jury, nous voudrions te demander d’où sort « ta main gauche ». Et moi qui croyais, à l’époque, qu’en guitare classique, c’était plutôt la main droite qui comptais !

    Et, comme vous le rappeler fort justement, le morceau ne « sonne pas » en do majeur, Marcel Dadi mettait un capodastre.
    Pour contourner cela, et à titre d’exercice pour ma main gauche, j’avais à l’époque réécrit le morceau uniquement avec des positions sans cordes à vides en utilisant les barrés. Comme cela, je pouvais le jouer à toutes les hauteurs et en intégrer des extraits dans d’autres morceaux. C’était très bon pour la pratique des pull off tout en tenant le barré.

    Que reste-t-il aujourd’hui de l’oeuvre de Marcel Dadi après toutes ces années :

    – au moins une chose : aujourd’hui, il hyper rare qu’un morceau ou une méthode de guitare soit publié uniquement en écriture « solfégique ».

    – Mais je suis certain qu’il reste encore beaucoup de choses, sans compter les « vieux combattants » comme moi qui ont vécu cette époque. Aujourd’hui, les « Dadi » modernes sont peut être les gens comme « Shunga Young » qui ont atteint un niveau de folie.

    Je ne pourrais dire mieux que « Moustache » : Dadi dans nos coeurs, Marcel for ever

    Encore bravo pour ce site.

    Jean-Louis

  • Alexis dit :

    Salut Jean-Louis,

    Merci pour tes encouragements et pour ce commentaire utile et détaillé !

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